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La délégation luxembourgeoise a participé à la 171e session plénière du Comité européen des régions
Les 6 et 7 mai 2026, Simone Beissel, Lou Linster, Roby Biwer et Tom Jungen ont participé à la 171e session plénière du Comité européen des régions (CdR) à Bruxelles. Cette session a réuni les représentants locaux et régionaux des États membres de l’Union européenne autour de plusieurs dossiers majeurs liés à l’avenir de l’Union, notamment la réforme de la politique de cohésion et du futur budget européen, les initiatives de simplification de la législation environnementale, ainsi que le financement des politiques européennes en matière d’éducation, de jeunesse et de culture.
L’un des principaux débats de cette session plénière concernait le prochain cadre financier pluriannuel de l’Union européenne et la réforme de la politique de cohésion après 2027. Dans un contexte marqué par de nombreux défis géopolitiques, économiques et climatiques, les membres du Comité européen des régions ont réaffirmé leur attachement à une politique de cohésion forte, ambitieuse et accessible à l’ensemble des territoires européens. Les représentants locaux et régionaux ont insisté sur le fait que la cohésion territoriale constitue l’un des piliers fondamentaux du projet européen et qu’elle demeure indispensable pour garantir un développement équilibré des régions, renforcer la compétitivité européenne et préserver la solidarité entre les territoires.
Les membres du CdR ont notamment exprimé leurs préoccupations face à certaines pistes de réforme qui pourraient conduire à une recentralisation de la gestion des fonds européens au niveau national. Ils ont rappelé que les collectivités territoriales jouent un rôle essentiel dans la mise en œuvre des politiques européennes sur le terrain et qu’elles doivent être pleinement associées à la définition des futurs programmes d’investissement. À cet égard, le Comité a plaidé pour le maintien d’une gouvernance multiniveaux forte ainsi que pour la préservation du principe de partenariat avec les villes et régions dans la préparation et la gestion des fonds européens.
Les débats ont également porté sur la nécessité de garantir un financement suffisant pour permettre aux collectivités territoriales de répondre aux nombreux défis liés à la transition écologique, à l’adaptation au changement climatique, à la transformation numérique, au logement, à la mobilité ou encore à la compétitivité économique. Plusieurs intervenants ont souligné que les collectivités locales et régionales se trouvent en première ligne pour mettre en œuvre les objectifs européens et qu’elles doivent disposer des moyens financiers adéquats pour assumer ces responsabilités.
Les quatre avis adoptés dans le cadre de ce débat s’inscrivent dans une série de 20 avis sur lesquels travaille le Comité européen des régions afin d’évaluer certains aspects et réglementations spécifiques du futur budget à long terme de l’Union européenne pour la période 2028-2034 :
- Fonds européen de développement régional, y compris en faveur de la coopération territoriale européenne (Interreg), et Fonds de cohésion
- Règlement établissant le mécanisme pour l'interconnexion en Europe pour la période 2028-2034
- Règlement relatif au Fonds pour les plans PNR
- Règlement établissant un cadre de performance
Un autre sujet important de cette session était l’adoption de l’avis 'Simplification de la charge administrative liée à la législation environnementale' élaboré par Nadia Pellefigue (FR/PSE), vice-présidente de la région Occitanie. Cet avis traite des propositions de simplification administrative présentées par la Commission européenne dans le cadre du « Environmental Omnibus ». À cette occasion, le Comité européen des régions a rappelé que les efforts de simplification de la législation environnementale doivent permettre d’améliorer l’efficacité des procédures administratives sans pour autant affaiblir les objectifs environnementaux européens, ni transférer des charges administratives supplémentaires vers les collectivités territoriales.
Les représentants locaux et régionaux ont souligné que les villes et régions soutiennent pleinement les ambitions européennes en matière de protection de l’environnement, de lutte contre la pollution et de transition vers une économie plus durable. Toutefois, ils ont insisté sur la nécessité d’assurer une mise en œuvre réaliste, cohérente et proportionnée des différentes obligations législatives. Les membres du CdR ont notamment mis en garde contre le risque que certaines simplifications administratives se traduisent concrètement par des responsabilités supplémentaires pour les autorités locales, sans moyens humains ou financiers supplémentaires.
Les discussions ont également permis de rappeler le rôle central des collectivités territoriales dans la réalisation des objectifs environnementaux européens, notamment en matière de gestion des déchets, de qualité de l’air, de protection de la biodiversité, d’économie circulaire et d’adaptation au changement climatique. Plusieurs intervenants ont insisté sur l’importance d’associer étroitement les autorités locales et régionales à l’élaboration des futures initiatives européennes afin de garantir leur faisabilité sur le terrain.
Dans le cadre d’un débat consacré à la protection des jeunes dans l’espace numérique, deux membres de la délégation luxembourgeoise sont également intervenus.
Dans ce même contexte, Lou Linster (LU/Renew), bourgmestre de la commune de Leudelange, a soutenu une approche équilibrée conciliant protection efficace des mineurs et respect des droits fondamentaux. Tout en soutenant l’objectif de renforcer la protection des enfants et des adolescents sur les réseaux sociaux, il a souligné les difficultés liées à la mise en œuvre concrète de certaines mesures, notamment en matière de vérification de l’âge et de protection des données personnelles. Il a notamment rappelé que « les systèmes basés sur des données biométriques comme la reconnaissance faciale, les empreintes digitales ou les scans de l’iris soulèvent d’importantes questions en matière de protection des données » et que « notre objectif doit être une protection des jeunes praticable et applicable – et pas seulement une interdiction bien intentionnée, mais facilement contournable ».
Lors d’un autre échange consacré à la santé mentale et à la sécurité des jeunes en ligne, Tom Jungen (LU/PSE), bourgmestre de la commune de Roeser, a insisté sur les conséquences concrètes que peuvent avoir les plateformes numériques sur le développement des enfants et adolescents. Dans son intervention, il a rappelé que les jeunes générations grandissent aujourd’hui dans un environnement numérique qui influence profondément leur perception d’eux-mêmes et de la société. L’intervenant a également mis en avant les différences d’exposition aux risques numériques selon le genre, notamment en ce qui concerne le cyberharcèlement, les violences sexuelles en ligne, les contenus addictifs ou les mécanismes de manipulation. Monsieur Jungen a notamment souligné que « les premiers signaux d’alerte apparaissent localement : dans les écoles, les centres de jeunes et les communautés » et que « les villes et les régions doivent donc être pleinement associées à la réponse ».
Au-delà de ces différentes thématiques, cette session plénière a permis aux représentants locaux et régionaux européens d’échanger sur les grands défis auxquels l’Union européenne est actuellement confrontée, notamment en matière de compétitivité économique, de transition écologique, de cohésion sociale et territoriale, de résilience démocratique et de transformation numérique. Les débats ont une nouvelle fois mis en évidence le rôle essentiel des collectivités territoriales dans la mise en œuvre concrète des politiques européennes et dans le rapprochement du projet européen avec les citoyens.
En total, quatorze avis ont été adoptés pendant la session :
- Stratégie de constitution de stocks à l'échelle de l'UE: renforcer la préparation matérielle de l'Union aux crises
- Stratégie en matière de contre-mesures médicales
- Règlement établissant le mécanisme pour l'interconnexion en Europe pour la période 2028-2034
- Des politiques saines en matière de son: protéger les citoyens et la nature contre la pollution sonore
- Horizon Europe: le dixième programme-cadre pour la recherche et l'innovation
- Simplification du cadre législatif numérique et stratégie pour une union des données
- Projet d'avis sur la 'Simplification de la charge administrative liée à la législation environnementale'
- AgoraEU
- Le programme Erasmus+ pour la période 2028-2034
- Règlement relatif au Fonds pour les plans PNR
- Règlement établissant un cadre de performance
- Fonds européen de développement régional, y compris en faveur de la coopération territoriale européenne (Interreg), et Fonds de cohésion
- L'avenir du développement rural après 2028
- La protection des enfants et des mineurs dans l'espace numérique
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