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La délégation luxembourgeoise a participé à la 172e session plénière du Comité européen des régions
Du 1er au 2 juillet 2026, Roby Biwer, Tom Jungen, Lou Linster et Stephen De Ron ont participé à la 172e session plénière du Comité européen des régions (CdR) à Bruxelles. Cette session a réuni les représentants locaux et régionaux des États membres de l'Union européenne autour de plusieurs dossiers majeurs pour l'avenir du budget européen, notamment le renforcement du Fonds social européen, l'adaptation au changement climatique et le financement du logement abordable.
L'un des sujets importants de cette session plénière a été l'adoption, à l'unanimité, de l'avis sur le futur Fonds social européen (FSE+), élaboré par Tom Jungen (LU/PSE), bourgmestre de la commune de Roeser et membre de la délégation luxembourgeoise. Cet avis s'inscrit dans une série de vingt avis que le Comité européen des régions élabore afin d'évaluer les différents volets du futur budget pluriannuel de l'Union pour la période 2028-2034.
Dans son intervention en séance plénière, Monsieur Jungen a rappelé que le débat intervenait à un « moment décisif », le Conseil de l’Union européenne ayant adopté sa position de négociation la semaine précédente et le Parlement européen préparant actuellement la sienne. Il a souligné que le vote du CdR ne marquait donc pas la fin de la discussion, mais le début d'une étape essentielle dans laquelle les villes et les régions d'Europe ont la responsabilité d'influencer les négociations à venir.
Le rapporteur a insisté sur le fait que le Fonds social européen ne devait jamais être sacrifié au nom de la simplification du budget européen. Il a rappelé que ce fonds aide les citoyens à retrouver un emploi, permet aux jeunes d'acquérir de nouvelles compétences, soutient les familles et donne aux collectivités locales et régionales les moyens d'agir concrètement, et qu'il doit à ce titre rester, selon ses mots, un instrument « fort, autonome, visible et doté de ressources dédiées ». Pour Monsieur Jungen, la véritable question n'est plus de savoir si le Fonds social européen continuera d'exister, mais bien s'il conservera une identité propre et des moyens garantis, ou s'il deviendra un simple objectif de dépense parmi d'autres dans les futurs plans nationaux et régionaux.
L'avis demande une enveloppe dédiée d'au moins 125 milliards d'euros pour le Fonds social européen contre 100 milliards actuellement, ainsi que des garanties renforcées contre la pauvreté des enfants et une véritable participation des collectivités locales et régionales à sa mise en œuvre.
Monsieur Jungen a conclu son intervention par un appel à la cohérence entre ambition économique et ambition sociale, affirmant qu’ « investir dans les personnes n'est pas une dépense » mais bien « le meilleur investissement que l'Europe puisse faire », et qu'une Europe compétitive a besoin d'une Europe sociale forte, les deux étant indissociables.
Un autre débat majeur de cette session a porté sur la coopération entre le Comité européen des régions et la Banque européenne d'investissement (BEI) en matière de logement. Le 2 juillet, les représentants locaux et régionaux ont échangé avec la présidente de la BEI, Nadia Calviño, ainsi qu'avec des membres du Parlement européen et des représentants du secteur, sur la nécessité de passer de l'ambition politique à des investissements concrets pour développer une offre de logements abordables et durables.
Les collectivités locales et régionales ont rappelé qu'elles sont en première ligne face à la crise du logement, mais qu'elles ont besoin d'un meilleur accès au financement et d'un soutien européen adéquat, alors que quelque 153 milliards d'euros par an seraient nécessaires pour construire environ deux millions de logements par an à l'échelle de l'Union. À cette occasion, un mémorandum d’entente (MoU) a été signé entre le Comité européen des régions et la BEI, posant les bases d'une coopération renforcée sur le logement, le développement urbain et régional, la transition juste, la cohésion, ainsi que le climat et l'énergie.
Les membres du Comité ont par ailleurs appelé à ce que le logement demeure une priorité du prochain budget européen, mettant en garde contre le risque de voir cette thématique entrer en concurrence, au sein des futurs plans nationaux et régionaux, avec d'autres domaines politiques comme l'agriculture ou la compétitivité.
Le débat sur le logement a également donné l'occasion à Lou Linster (LU/PSE), bourgmestre de la commune de Leudelange et membre de la délégation luxembourgeoise, de prendre la parole. Il a mis en avant le lien entre la crise du logement et la mobilité dans les zones périurbaines, rappelant que ces communes disposent d'un potentiel important pour construire des logements et ainsi réduire la pression pesant sur le marché immobilier des grandes villes. Il a toutefois relevé que les communes périurbaines considèrent encore trop souvent la voiture comme un élément indispensable, imposant aux promoteurs la construction d'un nombre élevé d'emplacements de stationnement, ce qui se traduit par de vastes garages souterrains renchérissant considérablement le coût du logement.
Pour Monsieur Linster, les autorités locales doivent dès lors davantage miser sur la mobilité douce, notamment en développant les réseaux de pistes cyclables en milieu périurbain et rural, et il a plaidé pour un renforcement des moyens financiers alloués à ce type d'infrastructures afin d'inciter les communes et les régions à investir dans la mobilité douce plutôt que de continuer à privilégier la voiture.
18 avis ont été adoptés lors de cette session plénière :
- Mécanisme de protection civile de l'Union
- Agenda du consommateur 2030
- Une union de l'égalité: stratégie en faveur de l'égalité de traitement à l'égard des personnes LGBTIQ+ pour la période 2026-2030
- Fonds social européen 2028-2034
- Le cadre juridique des sociétés «EU Inc.»
- L'intégration des priorités en matière de climat, d'énergie et d'environnement dans le cadre financier pluriannuel
- Soutien de l'Union en faveur de l'asile, de la migration et de l'intégration 2028-2034
- Portefeuilles européens d'identité numérique pour les entreprises
- La politique commune de la pêche, le pacte européen pour l’Océan et la politique maritime et aquacole de l’Union
- Politique agricole commune pour la période 2028-2034
- Stratégie pour le renouvellement des générations dans l'agriculture
- La vision de l'UE pour le climat et l'énergie à l'échelle planétaire. Vers des négociations mondiales plus inclusives en matière de climat et d'environnement
- Règlement établissant 'Europe dans le monde'
- Le soutien de l'Union à la sécurité intérieure pour la période 2028-2034
- L’importance de la coopération décentralisée et de la diplomatie des villes dans l’approche de l’UE à l’égard des contextes fragiles
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