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173e session plénière du Comité européen des régions et ouverture de la Semaine européenne des régions et des villes
Les 13 et 14 octobre 2026 s’est tenue à Bruxelles la 173e session plénière du Comité européen des Régions (CdR), à laquelle ont pris part les membres de la délégation luxembourgeoise Annie Nickels-Theis, Philippe Gengler, Tom Jungen, Lou Linster, Jessie Thill et Stephen De Ron. Parallèlement, la Semaine européenne des régions et des villes, organisée du 12 au 14 octobre, a réuni des responsables locaux et régionaux de toute l’Union. Le membre de la délégation luxembourgeoise Stephen De Ron, conseiller communal de Hesperange (LU/Verts et progressistes), y a présenté son avis sur le Bouclier européen pour la démocratie, adopté par le CdR.
La Semaine européenne des régions et des villes s’est ouverte le 12 octobre avec le discours de la présidente du CdR, Kata Tüttő, sur l’état des régions et des villes dans l’Union européenne. Elle s’est exprimée en présence du président du Conseil européen, António Costa, et du vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la cohésion, Raffaele Fitto.
Le Rapport annuel de l’Union européenne sur l’état des régions et des villes 2026, publié à cette occasion, dresse un tableau préoccupant. Une région sur deux a connu une hausse de la pauvreté et de l’exclusion sociale, et plus de la moitié ont vu les conditions du marché du travail se détériorer. La baisse de la production et le coût élevé de l’énergie fragilisent la compétitivité régionale. Les territoires sont de plus en plus exposés aux catastrophes naturelles : les incendies de forêt ont augmenté de 57 % en quatre ans et le coût annuel de la sécheresse est estimé à 9 milliards d’euros. Enfin, près de trois quarts des régions, en particulier rurales, devraient perdre des habitants d’ici 2050.
Kata Tüttő a rappelé que la promesse de l’Europe est « la prospérité partagée » et que cohésion et compétitivité vont de pair. Elle a averti que le projet de budget 2028-2034 risque de concentrer les décisions d’investissement territorial au niveau national, d’affaiblir la prévisibilité des financements et de marginaliser l’expertise des collectivités. Le premier vice-président du CdR, Juanma Moreno, a plaidé pour que les politiques prioritaires (agriculture, pêche, sécurité, migration) ne soient pas mises en concurrence au sein des budgets nationaux, et pour que la simplification ne serve pas de prétexte à une recentralisation.
Protéger la démocratie : l’avis de Stephen De Ron sur le Bouclier européen pour la démocratie
Le 13 octobre, les membres du Comité ont adopté l’avis sur le Bouclier européen pour la démocratie, dont le rapporteur est Stephen De Ron. Cet avis répond au vaste ensemble de propositions de la Commission européenne visant à promouvoir, protéger et renforcer la démocratie au sein de l’Union.
L’avis souligne l’importance de la démocratie locale pour la vie démocratique européenne et les risques personnels croissants auxquels sont exposés les élus locaux. Il met en avant la contribution des collectivités locales et régionales à la sauvegarde des processus démocratiques : lutte contre la désinformation et les ingérences étrangères, usage responsable des technologies numériques et de l’intelligence artificielle, renforcement de l’engagement citoyen. Le CdR demande que cette contribution soit valorisée en coopération avec les gouvernements nationaux et l’UE, notamment par l’association des collectivités aux initiatives pertinentes, comme le nouveau Centre européen pour la résilience démocratique.
Parmi ses propositions concrètes, le Comité réclame des mesures de protection des élus, en particulier des femmes, contre les menaces et l’intimidation, un soutien aux médias indépendants, la promotion de l’éducation aux médias, au numérique et à la citoyenneté, ainsi qu’un renforcement de la participation citoyenne.
Stephen De Ron a déclaré que la démocratie est « quelque chose que l’on pratique chaque jour ». Pour lui, cette protection doit commencer là où la démocratie est la plus proche des citoyens, c’est-à-dire dans les villes et les régions.
Le jour même de l’adoption de l’avis, les États membres, réunis au sein du Conseil des affaires générales (CAG), ont adopté des conclusions reconnaissant le rôle important des collectivités locales et régionales pour rapprocher les processus démocratiques des citoyens, ainsi que l’importance de l’accès à des médias indépendants et pluralistes, y compris régionaux et locaux.
Lors de la même session, le CdR a également adopté deux avis liés à la sécurité des citoyens : l’avis sur la révision de la cybersécurité et la loi sur les réseaux numériques, dont le rapporteur est Zdeněk Hřib (CZ/Verts et progressistes), qui insiste sur la fréquence des cyberattaques contre les communes de toutes tailles et sur la nécessité d’un soutien administratif et technique pour les petites collectivités, et l’avis « ProtectEU : agenda pour prévenir et combattre le terrorisme », porté par Olgierd Geblewicz (PL/PPE), qui demande l’implication des villes et des régions, premières à réagir face aux menaces, ainsi qu’une attention particulière à la sécurité des espaces publics et à la prévention de la radicalisation.
Lutter contre le racisme, la pauvreté et l’exclusion sociale
Le 13 octobre, les membres du CdR ont également adopté un avis sur la stratégie de l’UE en matière de lutte contre le racisme 2026-2030, dont le rapporteur est Pär Löfstrand (SE/Renew Europe), conseiller municipal d’Östersund en Suède. Le Comité soutient la stratégie de la Commission, tout en rappelant que le racisme continue d’affecter l’accès au logement, à l’éducation, à la santé et à l’emploi.
Les membres soulignent que de nombreuses discriminations découlent d’inégalités structurelles liées à la pauvreté, à l’exclusion sociale et à la marginalisation économique, qui touchent de manière disproportionnée les minorités. Ils demandent donc d’intégrer la lutte contre le racisme aux politiques d’inclusion sociale et de lutte contre la pauvreté, d’élaborer des plans d’action nationaux et locaux, de renforcer l’application de la législation antidiscriminatoire et de garantir un financement adéquat, notamment via une politique de cohésion forte et des fonds européens plus accessibles.
Autres avis adoptés
La session a également permis l’adoption d’avis sur, entre autres, la stratégie européenne pour la bioéconomie et la lutte contre les maladies cardiovasculaires. Le 13 octobre, le CdR et la Commission européenne ont par ailleurs signé un plan d’action commun renouvelé en faveur de l’emploi, des compétences et de l’inclusion sociale.
Au total, dix-neuf avis ont été adoptés lors de cette session :
- Faire progresser le système de transport durable et connecté de l'Europe - une perspective territoriale
- Compétences pour l'avenir
- New European Bauhaus - from vision to implementation
- Un cadre stratégique pour une bioéconomie de l'UE compétitive et durable
- Acte législatif pour l'accélération de l'activité industrielle
- Une macro-région atlantique
- Train de mesures pour le secteur automobile
- A European Strategy on Research and Technology Infrastructures
- Examen de la mise en œuvre de la politique environnementale Mise en œuvre et simplification des politiques environnementales de l'Union
- Organisation commune des marchés des produits agricoles et programme de l'UE à destination des écoles
- Sortie du régime de protection temporaire vers des solutions durables pour les personnes déplacées en provenance d'Ukraine dans l'Union - le rôle des villes et des régions
- ProtectEU : un programme pour prévenir et combattre le terrorisme
- Une boussole culturelle pour l'Europe
- Un plan de l'Union européenne pour la santé cardiovasculaire : plan pour un cœur en bonne santé
- Feuille de route pour la transformation de l'industrie de la défense de l'UE
- Réexamen de la cybersécurité et règlement sur les réseaux numériques
- La stratégie de l'UE en matière de lutte contre le racisme 2026-2030
- Bouclier européen de la démocratie
- Programme de l'UE pour les villes
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